La radio de Dror

Voici la quasi totalité de mes interventions à la radio, que ce soit lors d'emissions musicales, politiques ou les deux...

ALLER RETOUR AFRIQUE-AMERIQUE

MUSIQUE ET POLITIQUE

MUSIQUE ET IMMIGRATION

CHANSONS DE LA COLONISATION FRANCAISE

REBELS, REBELS

ARABIC FUNK

AUTRES

 

WORLD SKIP THE BEAT sur CKUT, 12h-14h, en anglais :

27 Août 2007, avec Stefan : le fichier mp3 CKUT 08 07

ALLER RETOUR AFRIQUE-AMERIQUE

On dit souvent que la musique africaine américaine est influencée par la musique africaine, mais on oublie souvent qu'aujourd'hui la musique africaine peut aussi être influencée par la musique africaine américaine, et en faire encore autre chose. C'est ce qu'on va montrer aujourd'hui. Tous les morceaux de musique éthiopienne a été trouvée et très bien rassemblée par Francis Falceto sur la collection de CDs Ethiopiques, chez Buda Musique (22 volumes à ce jour et ce n'est pas fini).

01) Mahmoud Ahmed (Ethiopiques 8), Mar Tèb Yelal Kafesh (Ethiopia)

Mahmoud Ahmed est probablement la plus grande star éthiopienne aujourd'hui (il était au festival de jazz de Montréal cette année), mais le début de cette émission va être consacré au chanteur Alèmayèhu Eshèté qui est le meilleur exemple de cette musique éthiopienne de la fin des années 60 et du début des années 70, qui puise son influence dans la musique noire américaine. On le voit ici dans le style de Little Richard hyper rapide et avec ses cris caractéristiques.

02) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 9), Mèkèyèrshin Salawq (Ethiopia)

03) Little Richard, Lucille (USA)

Comme beaucoup de chanteurs soul des années 70, les deux grandes influences sont Little Richard et Sam Cooke. On remarque d'excellents musiciens, en particulier de superbes cuivres, un superbe sax ténor et parfois aussi un très bon guitariste.

04) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 9), Nèfas Endaygèban (Ethiopia)

05) Sam Cooke, Wonderful World (USA)

Ici le morceau de Esheté ressemble beaucoup à ce tube de Georgie Fame, un chanteur anglais de la période soul (1965).

06) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 8), Ayalqem Tèdènqo (Ethiopia)

07) Georgie Fame, Yeh Yeh (UK)

Esheté utilise les gimmicks des chanteurs noirs américains, comme le rire de Clarence Carter.

08) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 8), Betchayén Tègodahu (Ethiopia)

09) Clarence Carter, Looking for a fox (USA)

On a surnomé Esheté le James Brown éthiopien. Voici deux exemples frappant de similitude dans les cris, la rythmique de guitare, les cuivres, le groove répétitif contagieux...

10) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 9), Yèlbén Betayiw (Ethiopia)

11) James Brown, I Got You (I Feel Good) (USA)

12) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 8), Tchero Adari Nègn (Ethiopia)

13) James Brown, Say It Loud (USA)

L'un des derniers duo de James Brown, mort l'hiver dernier, avec Hakim, le chanteur populaire égyptien.

14) Hakim and James Brown (El Yomen Dol), Lela (Egypt)

L'utilisation de la guitare wah-wah aux Etats-Unis est immédiatement transposée en Ethiopie...

15) Tlahoun Gèssèssè (Ethiopiques 17), Alègntayè (Ethiopia)

16) Isaac Hayes (Shaft Soundtrack), Theme From Shaft (USA)

Contrairement à Mahmoud Ahmed, Esheté ne fait presque plus de concerts. Il ne parle pas bien anglais alors pour certains morceaux il a inventé une langue qui ressemble à l'anglais. En français on appelle ça le yaourt et d'autres chanteurs font ça, comme par exemple, venu d'Algérie, le chanteur Jimmy Oihid, en 1990

17) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 8), Honey Baby (Ethiopia)

18) Jimmmy Oihid (Jimmy Oihid), Halwa (Algeria)

Ce morceau de Wilson Pickett a été enregistré au Ghana en 1971 lors de l'un des premiers concerts de stars africaines américaines en Afrique. Dans le film Soul to Soul, on y voit que Wilson Pickett est très surpris de voir que les Africains connaissent et possèdent ses disques!

19) Wilson Pickett (Soul To Soul), In The Midnight Hour (USA)

Dans un style différent, mais toujours soul, voici un exemple de musique instrumentale:

20) Tèsfa-Maryam Kidané (Ethiopiques 8), Yètèsfa Tezata (Ethiopia)

21) Booker T. and the MGs, Green Onions (USA)

Et de slows:

22) Alèmayèhu Eshèté (Ethiopiques 13), Wèdèdku afqèrkush (Ethiopia)

23) Otis Redding (Sings Soul Ballads), For your precious love (USA)

Voici une reprise d'un tube de Otis Redding par Papa Wemba, une star du Congo (ex Zaïre), en 1995.

24) Papa Wemba (Emotion), Fa fa fa fa (Congo-Kinshasa)

Hassan el Hadi est un chanteur marocain installé au Québec, qui mélange les influences dans sa musique

25) Hassan el Hadi (Salam Québec), Habiba (Morocco)

La musique africaine à donné lieu au blues puis, indirectement au rock américain. En retour la musique américaine a influencé la musique éthiopienne. Aujourd'hui la boucle est bouclée puisque un groupe new-yorkais, The Budos Band, reprend de la musique éthiopienne.

26) Samuel Belay (Ethiopiques 8), Aynotchesh Yerèfu (Ethiopia)

27) Budos Band (Budos Band), Aynotchesh Yerèfu (USA)

 

29 Octobre 2007, avec Sophie : le fichier mp3 CKUT 10 07

MUSIQUE ET POLITIQUE

La musique du monde entier porte en elle un message de lutte et Tadamon veut célébrer cette expression populaire, ces cris de douleurs, de combats et de victoires. Cette émission comprend de la musique d’Algérie, d’Ouganda, du Mali, du Sénégal, du Congo, de Côte d’Ivoire, du Mexique, du Brésil, de Jamaïque, du Liban et du Cap Vert.

EXIL:

La première section donne quelques exemples de chants d’immigrants, des problèmes liés aux difficiles conséquences de la condition d’exilé…

01: Ya Rayah, Rachid Taha (Diwân), Algérie
“Tu pars, où vas-tu? Tu reviendras. Beaucoup de gens avant toi et moi ont regretté ce voyage...”

02: Exil (Dayrib), Idir/Geoffrey Oryema (Identités) Algérie / Ouganda.
“Je suis d'ici et là, mais j'ai toujours une valise de prête, dans mon âme...”

03: Imidiwan Winakalin, Tinariwen (Aman Iman) Mali.
“J'habite un pays orphelin et mon âme brûle de tristesse”

04: Immigrés Bitim Rew (immigrés à l'étranger), Youssou N’Dour (Immigrés) Sénégal.

HEROS:

La deuxième section rend hommage aux grand héros et aux grands martyrs des luttes populaires du monde entier…

Mehdi Ben Barka (Morocco, who was assassinated Oct 29, 1965), Patrice Lumumba (Congo-Kinshasa), André Matswa (Congo-Brazzaville), Um Nyobe (Cameroun), Che Guevara (Cuba), Malcolm X (USA), Abdel Kader (Algerie), Diallo Telly (Guinée-Conakry), Norbert Zongo and Thomas Sankara (Burkina-Faso, assassiné le Oct 15, 1987), et d’autres…

05: Les Immortels, Franklin Boukaka (A Paris) Congo-Brazzaville.

06: Les Martyrs, Tiken Jah Fakoly (Cours d’Histoire) Côte d'Ivoire.

07: Abdel Kader, Cheb Khaled (Hafla) Algérie.

08: Hasta Siempre, Motivés (Motivés) France.

RESISTANCE:

La troisième section célèbre la résistance dans ce qu’on appelle la Musique du Monde. Que ce soit la lutte contre Bush, contre la dictature au Brésil dans les années 70, mais aussi en faveur de la resistance, de la lutte, en particulier de la lutte des Palestiniens ou du combat du Hezbollah au Liban, tous les deux contre l’apartheid Israélien… Ce sont ces combats que Tadamon soutient, ici à Montréal…

09: Condoleeza Mona Risa, La Banda de Gaza (Merengue de Bush à Bush) Mexique.

10: Apesar De Você, Chico Buarque (Chico Buarque 1978) Brésil.
“Aujourd'hui c'est toi qui commande, tes paroles sont des ordres, on ne peut pas discuter (...) Malgré toi, demain sera un autre jour (...) Tu payeras, et le double, chaque larme que ma douleur a fait couler (...) Et je mourrai en riant parce que ce jour viendra plus tôt que tu ne le penses.” Quand on lui demanda à qui cette chanson faisait allusion, Chico répondit: “A une femme très autoritaire.” La censure n'a pas compris ce que tous le monde au Brésil savait sans aucun doute, que cette chanson faisait allusion au général Emílio Garrastazu Médici, le président de la république d'alors...

11: Small Axe, Bob Marley (Burnin’) Jamaique.
“Si tu es un gros arbre, nous sommes une petite hache, prête à te faire tomber”

12: Equal Rights, Peter Tosh (Equal Rights) Jamaique.
“Je ne veux pas la paix, j'ai besoin de droits équitables et de justice, en Palestine, Angola, Botswana, Zimbabwe, Rhodésie, Jamaique…”

13: Fite Dem Back, Linton Kwesi Johnson (Forces of Victory) Jamaique.
“Les fascistes attaquent, et nous on contre attaque ”!

14: Nekwni s warrac n lzayer, Aït Menguellet (Ettes Ettes) Algérie.
“Nous, les jeunes d'Algérie, nous souffrons, tout autour de nous s'écroule, mais nous reconstruirons, contre vents et marées”

15: Chte Douye, 100% Collègues (100% Collègues) France.
“Lève-toi, résiste, resister est la meilleure façon de se sentir vivant, et quand tu es vivant, tout est possible”

16: Ounadikom, Ahmad Kaabour (Ounadikom) Liban.
“Je t'appelle, je serre ta main, je chéris la terre sur laquelle tu marches et je sacrifie ma vie pour toi”

17: Ana Amchi, Marcel Khalife (Dreamy Sunrise) Liban.
“Je marche, je marche debout, avec une branche d'olivier dans la main, et mon propre cercueil sur l'épaule”

18: Dimokransa, Mayra Andrade (Navega) Cap Vert.
“Les mensonges sont devenus notre pain quotidien, nous nous cachons derrière la démagogie, la majorité est contente, se vautrant dans sa démocratie”

19: Safi, Rachid Taha (Tékitoi) Algérie.
“Tout est bloqué, il n'y a plus de lois, il est interdit de parler, il n'y a qu'un seul parti: ce n'est pas ça la démocratie…”

COLONISATION:

La 4ème section n’oublie pas de mentionner la lutte contre la colonisation, puisque le canada est aussi une terre volée…

20: 400 years, Peter Tosh/Bob Marley (Catch a Fire) Jamaique.

21: Columbus, Burning Spear (Hail H.I. M.) Jamaique.

REVOLUTION:

Et l’émission s’achève sur le message: “Il faut une révolution pour atteindre la solution”

22: Revolution, Bob Marley (Natty Dread) Jamaique.

 

30 Juin 2008, avec Stefan : le fichier mp3 CKUT 06 08

MUSIQUE ET IMMIGRATION

Une édition spéciale de World Skip the Beat explore la musique et les chansons du monde entier, inspirées par l’immigration, la diaspora, l’exil. Avec de la musique des quatre coins du monde, notre programme offre une sélection unique et rare de musique d’artistes variés d’Algérie, Canada, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Egypte, France, Jamaïque, Liban, Pérou, Slovaquie et d’Espagne.

EN ATTENDANT L'IMMIGRATION

01: Poc Li Dente é Tcheu, Mayra Andrade, Cap Vert

02: La carte de résidence, Slimane Azem et Nourredine Meziane, Algerie

03: Anfas, Mouss & Hakim, Origines Contrôlées, Algerie / France

04: Maison Blanche, Mouss & Hakim, Origines Contrôlées, Algerie / France

Origines Contrôlées” est un CD de Mouss et Hakim, deux frères actifs politiquement avec le Tacticollectif, auparavant dans le groupe Zebda et d’origine algérienne.

Comme Rachid Taha avant eux, ils ont rassemblé des chansons sous estimées, écrites par des immigrants Algériens en France dans les années 40, 50, 60 et 70. Ces chansons étaient méprisées à la fois en Algérie et en France et n’eurent à l’époque qu’un succès limité. Mais elles sont l’expression d’une population, avec leurs émotions spécifiques et leurs styles spécifiques. Elles sont chantées dans un mélange d’arabe, de kabyle et de français (le “francarabe”).

Ces chansons décrivent la difficulté de partir (”Maison Blanche” est le surnom de l’aéroport d’Alger), d’obtenir des papiers, de travailler, de supporter le mauvais temps, de subir le racisme en France etc… En contradiction avec les thèmes généralement abordés dans la chanson algérienne, elles décrivent aussi la vie en France, fumer, boire, les amours illégitimes… Mais à la fin revient toujours la nostalgie pour l’Algérie, l’amour légitime et même le jeûne du Ramadan. Les chansons de cette époque furent écrites par Slimane Azem, Nourredine Meziane, Dahmane El Harrachi, Cheikh Bouyazgaren, Cheikh El Hasnaoui, Mohamed Mazouni et d’autres…

ESCLAVAGE

05: El Mayoral (Le maître des esclaves), Susana Baca, Pérou

06: I Feel Like Going Home, Muddy Waters, U.S.

07: Come, Let Us Go Back To God, the Soul Stirrers, U.S.

N’oublions pas que les blues et le gospel furent d’abord des chansons d’esclavage, une façon pour les esclaves d’exprimer leur oppression et leur espoir d’un avenir meilleur. Est-ce que le “going home” de Muddy Waters ou le “going back to god” chanté par les Soul Stirrers et le jeune Sam Cooke, ne sont pas de métaphores pour le retour en Afrique?

ALGERIENS

08: Ya Rayah, Dahmane El Harrachi, Algerie

09: Ach Adani (Dahmane El Harrachi), Rachid Taha, Algerie / France

10: Adieu La France, Mouss & Hakim, Origines Contrôlées, Algerie / France

ROMS

11: Ya Dorah Shami, Les musiciens du Nil, Egypte

12: Auschwitz, Marichka, Slovaquie

13: Naci en Alamo, Remedios Silva Pisa, Espagne

14: A La Sierra De Armenia (Seguiriya), Niña De Los Peines, Espagne

Les Roms, souvent appelés gitans ou tziganes, symbolisent l’immigration et l’oppression partout où ils se trouvent, alors qu’ils se déplacent depuis à peu près un millénaire. Le terme “Gitan” provient de leur passage à travers l’Egypte. Cette population en Europe fut aussi décimée par les Nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Dans une chanson, Remedios Silva Pisa chante “Je n’ai pas de lieu, je n’ai pas de paysage, je n’ai pas de pays”, dans la suivante, La Niña de Los Peines rêve d’un retour fantasmé aux montagnes d’Arménie.

NOSTALGIE

15: Sodade, Cesaria Evora, Cap Vert

16: Assouf, Tinariwen, Mali

17: Sawah (L’errant), Abdel Halim Hafez, Egypte

Les noirs d’Amérique appellent la nostalgie The Blues, les Roms d’Espagne l’appellent El Duende. Au Brésil, au Cap Vert et en Angola, elle s’appelle Saudade or Sodade. Pour les Touareg au Mali c’est Assouf…

LE DESIR DE RETOURNER AU PAYS

18: Sanarjaou Yaoumann, Fairouz, Liban

19: Africa Unite, Bob Marley, Jamaïque

Pour les Palestiniens, l’Exil rappelle leur “Droit au Retour”. Dans la tradition Rastafarienne, il faut quitter Babylone et rentrer en Afrique…

AUJOURD'HUI

20: Ou veux-tu que j’aille, Tiken Jah Fakoly et Mouss & Hakim
Côte d’Ivoire / Algérie / France

21: Maktoubi (mon destin), 23 et Kader, Algérie / Canada

22: Oran Marseille, Khaled et IAM, Algérie / France

Aujourd’hui, les migrants du monde entier continuent à adapter leur musique et leurs paroles au goût et aux problèmes du jour. La musique incorpore du reggae ou du hip-hop. Les paroles concernent la peur d’être déportés. A Montréal, Abdelkader Belaouni risque d’être déporté depuis plus de deux ans, alors qu’il vit en sanctuaire dans une Eglise, et il a exprimé cette tragédie à travers la musique, avec l’artiste hip-hop Tu-Three.


25 juillet 2016, avec Alexandrine et Stefan : le fichier mp3 CKUT 07 16

 CHANSONS DE LA COLONISATION FRANCAISE

Une édition spéciale de World Skip the Beat qui présente des chansons de la colonisation, depuis les années 1950s, aux jours heureux de la décolonisation, à la tristesse des héros assassinés et aux espoirs déçus de l'indépendance. Encore aujourd'hui, les enfants des colonisés se souviennent en chanson. Cette histoire triste permet néanmoins d'entendre de belles chansons d'Afrique et d'Afrique du Nord, choisies et présentées par Alexandrine et Dror...

    1) Ya Dzayer - Ahmad Wahby - Algérie, 1950

    Pendant la colonisation, les chanteurs algériens résistent en chantant la beauté de leur pays et de leurs villes, ici Alger.

    2) Idhahred Waggur - Slimane Azem - Algérie / Kabylie, 1955

    Slimane Azem est un héros pour le peuple kabyle en Algérie, mais aussi en exil au Canada. Mais pendant la colonisation, il était du côté des indépendantistes algériens, chantant ici le croissant de lune qui allait plus tard figurer sur le drapeau de l'Algérie indépendante...


    3) Armée Guinéenne - Bembeya Jazz National - Guinée, 1968

    Voici une chanson joyeuse pour l'indépendance de la Guinée, la fierté d'un pays, d'un drapeau, et même d'une armée! La Guinée est indépendante depuis 1958, après seulement 60 ans de colonisation, et c'est la seule colonie qui refuse alors de négocier avec le Général de Gaulle. Sékou Touré, dirigeant autoritaire, mais accueillant pour les révolutionnaires comme le Ghanéen Kwame Nkrumah, les américains Malcolm X ou Stokely Charmichael, la Sudafricaine Miriam Makeba...

    4) Lumumba Calypso - E. C. Arinze and his Music - Nigéria, 1963

    Une chanson du Nigeria en l'honneur de Lumumba, premier président du Zaire, qui prend son indépendance de la Belgique, donc pas directement de la France, mais les services secrets en France (avec la CIA et aussi les services secrets canadiens, comme l'a révélé Yves Engler recemment) ont joué un rôle dans le renversement et l'assassinat de Lumumba en 1961.  Après des siècles de colonisation, le message était clair: les nouveaux présidents devaient rester des marionettes dociles, s'éloigner du communisme ou même juste de la democratie. Ainsi commence l'aire néo-coloniale...

    5) Président Vikey - G. G. Vickey - Bénin, 1969

    Ces marionettes restent en place grâce à de fausses élections, des coups d'Etat, des régimes militaires. Le processus démocratique est ici moqué par Gustave (dit "GG") Vickey, du Bénin...


    6) Les Immortels - Franklin Boukaka - Congo, 1970

    Très vite, les artistes africains regardent leur histoire, leurs héros et leurs martyrs. Franklin Boukaka chante en 1970 ses immortels: Lumumba du Zaire, Um Nyobé du Cameroun ou Albert Luthuli d'Afrique du Sud, mais aussi Mehdi Ben Barka, Abdel Kader, Che Guevara, Malcolm X et beaucoup d'autres. Boukaka lui même fut assassiné en 1972 pendant l'un des coups d'Etat qui frappèrent son pays...

    7) Abdel Kader - Khaled - Algérie, 1998

    Khaled n'est pas connu pour être un chanteur politisé, mais son choix de chanter Abdel Kader est significatif, puisque c'était un résistant algérien qui a combatu la France au 19ème siècle pendant 15 ans, avant d'être arrêté et mis en prison...

    8) Lounes - Takfarinas - Algérie/Kabylie, 1999

    La même année que Khaled chante à propos d'Abdel Kader, 1998, est celle de l'assassinat de Lounes Matoub, chanteur et nationaliste algérien et kabyle. L'année suivante, Takfarinas, un autre chanteur kabyle écrit cette magnifique chanson en son honneur

    9) Martyrs - Toure Kunda - Sénégal, 1984

    15 ans après les immortels de Boukaka, en 1984, les frères Touré mentionnent encore Lumumba, mais aussi Amilcar Cabral de Guinée Bissau, Agostinho Neto d'Angola et de nombreux autres héros africains oubliés, aux côtés de Martin Luther King, Marcus Garvey ou même Bob Marley...

    10) Les Martyrs - Tiken Jah Fakoly - Côte d'Ivoire, 1999

    Et encore 15 ans après les martyrs de Touré Kunda, en 1999, Thomas Sankara, Norbert Zongo et d'autres, sont les martyrs de Tiken Jah Fakoly

    11) Sankara - Cheikh Lo - Sénégal, 2010

    Sankara, le président du Burkina Faso de trop courte durée dans les années 1980, fut assasiné pour avoir trop été socialiste et anti-impérialiste, comme Lumumba 30 ans auparavant, risquant sinon de donner un mauvais exemple aux dirigeants africains, et aux Africains en général. Il est chanté ici par Cheikh Lo, mais d'autres l'ont célébré, tel que Alpha Blondy par exemple...

    12) Journalistes en Danger - Alpha Blondy - Côte d'Ivoire, 1999

    Alpha Blondy justement, célèbre ici Norbert Zongo, un journaliste du Burkina Faso qui avait tenté d'élucider l'assassinat de Sankara et d'autres opposants au dictateur Blaise Compaoré et ses complices français. Tout comme Sankara, il fut assassiné, 10 ans après lui...

    13) New Africa - Youssou N'Dour - Sénégal, 1992

    La liste des héros de Youssou N'Dour comprend Cheikh Anta Diop, Kwame Nkrumah et Steven Biko, dans une chanson plus positive que les précédentes, alors que Youssou N'Dour se prend pour un "entrepreneur" africain, espérant une Afrique Nouvelle, aspirant à l'unité et au travail en commun pour un meilleur futur.


    14) Cinquante and de dépendance - Smockey - Burkina Faso, 2010

    Au Burkina Faso, Smockey évalue 50 ans d'"indépendance" comme étant plutôt 50 ans de plus de dépendence... En 2010, lorsque cette chanson sort, Blaise Compaoré est "ré-élu" président, pour la quatrième fois consécutive depuis l'assassinat de Thomas Sankara, vingt ans auparavant. Ce n'est qu'en 2015 qu'un soulèvement populaire renversera Compaoré et, malgré un ultime coup d'Etat raté, réinstaurera la démocratie. Pourvu qu'elle dure...

    15) Mahgour - Samia Diar - Algérie, 2004

    La situation n'a pas beaucoup changé dans les pays soi-disant libérés. Maintenus dans une situation de dépendance, comme disait Smockey, ils sont également maintenus dans un état d'opression, comme le décrit ici Samia Diar, la seule (et nous en sommes désolés) femme de cette sélection... Samia est une jeune chanteuse algérienne qui n'a sorti qu'un CD en 2004, dont cette chanson est extraite.


    16) Le chant des partisans - Motivés - France, 2003

    Aujourd'hui en France, le néo-colonialisme continue également en exploitant les enfants des parents des "anciennes colonies", victimes en même temps de racisme. Un groupe de militants et d'artistes de Toulouse, dont des membres de Zebda, sous le nom de Motivés, reprend ici une chanson écrite par la résistance, pendant la deuxième guerre mondiale, et y ajoute un refrain. Aujourd'hui cette chanson est utilisée dans toutes les manifestations, en France et au Québec, pour motiver les troupes!

    17) Adieu La France - Mouss et Hakim - France, 2007

    Les mêmes chanteurs, en 2007, développent un projet intéressant, Origines Contrôlées, pour ressusciter les chansons d'immigrés, dont celle ci de Mohamed Mazouni. Comme beaucoup, celle ci parle de la nostalgie de l'immigré désirant rentrer chez lui. Et ces sentiments n'ont pas beaucoup changé, 40 ans plus tard...

    18) Nique la France - ZEP - France, 2009

    Certains le disent plus directement: "en tant que citoyen français, et quelque soient mes origines, j'ai le droit de critiquer mon pays, et même celui de dire Nique la France"

    19) Un Hongrois chez les Gaulois - Zedess - Burkina Faso, 2011

    La politique française est scrutée en Afrique et dans les anciennes colonies, et en particulier sa politique raciste d'immigration. Zedess, un humoriste et chanteur du Burkina Faso signale que la politique xénophobe de Sarkozy est particulièrement ironique quand on se souvient que Sarkozy lui même est d'origine hongroise, et que sa famille avait demandé l'asile en France...


5 septembre 2016, avec Stefan : le fichier mp3 CKUT 09 16

REBELS, REBELS

Edition spéciale qui présente des chansons de rebels réprimés pour leurs opinions et leur art, qu'ils aient été poursuivis, emprisonnés, condamnés à l'exil voire assassinés! De Rio de Janeiro à Hama et de Brazzaville à Compton, la répression est partout, elle dure depuis que la parole existe et elle ne semble pas prête de s'arrêter...

1) Calice - Chico Buarque - Live - Brésil (1973)
2) El Pueblo Unido Jamás Será Vencido - Quilapayun - El Pueblo Unido Jamás Será Vencido - Chili (1973)
3) Manifiesto - Victor Jara - Manifiesto - Chili (1974)
4) Le Bûcheron - Franklin Boukaka - Le Bûcheron - Congo (1970)
5) Zombie - Fela Kuti - Zombie - Nigéria (1976)
6) Rajiou Al-Talamza (Les étudiants sont de retour) - Cheikh Imam - avec Ahmad Fouad Najm - Egypte (1972)
7) El Visa - Cheb Hasni - Algérie (1992)
8) Ak°it ay arrac nneɣ (Debout, camarades!) - Matoub Lounès - Ay aḥlili - Kabylie (1979)
9) Karwan (La Caravane) - Ahmet Kaya - Hosçakalin Gözüm - Kurdistan (2001)
10) Quitte Le Pouvoir - Tiken Jah Fakoly - Coup de gueule - Côte d'Ivoire (2004)
11) Fuck Tha Police - NWA - Straight Outta Compton - Etats-Unis (1988)
12) Je Connais Tes Cauchemars - La Rumeur - L'Ombre sur la mesure - France (2002)
13) Nique La France - ZEP - Devoir d'insolence - France (2009)
14) Ahlâ fîk bi-l-mukhayamât (Bienvenue dans les Camps) - Katibe 5 - Palestine/Liban (2007)
15) Pause - Rafeef Ziadah - We Teach Life - Palestine/UK (2015)
16) Rayes Le Bled (Chef de l'Etat) - El General - Tunisie (2011)
17) Mgharba Iqu (Marocains, réveillez-vous!) - Lhaqed - Maroc (2011)
18) Yalla irhal ya Bachar! (Allez dégage, ya Bachar!) - Les rues de Hama chantent Ibrahim Qashoush, juin 2011 - Syrie (2011)

On commence avec l'une des célèbres chansons écrites et chantées par Chico Buarque pendant la dictature brésilienne, utilisant des astuces pour contourner la censure alors en vigueur et qui lui vaudra même un court séjour en prison. En 1973, il dénonce la censure en écrivant Calice, avec Gilberto Gil. Le texte joue sur un double sens religieux ("Dieu, éloigne ce calice de moi...") et son homonyme cale-se (tais-toi, donc "éloigne cette censure de moi..."). Ici nous entendons sa première représentation publique à Sao Paulo, et la censure coupe le micro au milieu de la chanson, ironiquement puisque quand Chico Buarque tente de dire "tais-toi", la censure le fait taire... Calice ne pourra sortir en disque qu'en 1978...

On reste en Amérique du Sud mais au Chili où la situation dans les années 1970 est beaucoup plus tragique. Après le coup d'Etat de Pinochet, Quilapayun, le groupe emblématique de Salvador Allende est en tournée en France, et décide d'y rester en exil. Il compose alors El Pueblo Unido Jamas Sera Vencido qui deviendra un hymne repris partout et dans d'autres contextes. Si l'exil est une punition sévère, le chanteur et guitariste Victor Jara connaîtra un sort encore plus tragique puisqu'il sera assassiné par la police politique, après avoir eu les doigts coupés, et non sans avoir laissé à la postérité un autre hymne, son Manifiesto qui sortira à titre posthume... L'assassinat de chanteurs en dit long sur l'importance des messages qui se transmettent ainsi de bouche à oreille. Ce sera aussi le triste sort pour Franklin Boukaka qui avait écrit "Le Bûcheron" dans lequel il dénonce la corruption au pouvoir et demande "Eh Afrique, où est ton indépendance"?

Fela (Anikulapo Kuti) ne sera pas assassiné, mais il connaîtra souvent la prison. Sa gloire lui évitera la mort, et lui permettra constamment de dénoncer les autorités, comme dans ce morceau de 12 minutes où il traite les soldats de Zombies sanguinaires et décérébrés... La riposte de l'armée sera terrible et si Fela ne sera "que" condamné à la prison, l'attaque de sa maison causera la mort de sa mère et plusieurs blessés... La prison sera aussi une peine courante pour Cheikh Imam, le chanteur et compositeur egyptien aveugle, et Ahmad Fouad Nadjm compositeur de ses textes, qui ont passé près de la moitié de leur vie en prison! En 1972, ils soutiennent les révoltes étudiantes contre le président Sadate avec cette chanson "Les étudiants sont de retour". Et hop, en prison.

Mais les assassinats continuent... ainsi Cheb Hasni, un jeune chanteur de rai très populaire, qui aborde les sujets les plus touchants pour les Algériens, tel ce Visa, en 1992, deux ans avant d'être assassiné alors qu'il n'a que 26 ans. On accuse les islamistes dans cette période trouble, et tout est possible, mais lorsque c'est le tour de Matoub Lounès, le héros de l'indépendance kabyle qui enflamme les foules avec des chansons comme ce "Debout camarades", on se souvient que le pouvoir veut l'éliminer depuis les années 1970. On pense donc aujourd'hui que c'est le gouvernement algérien qui est coupable, en 1998, en profitant de la période sombre des années 1990 pour mettre son meurtre sur le dos des islamistes...

Parfois, les chanteurs échappent à la mort, mais vivent l'enfer durant toute leur vie. Ainsi le chanteur et héros populaire kurde, Ahmet Kaya, est régulièrement censuré et mis en prison. Alors que toutes ses chansons sont écrites en turc, il annonce à la télévision qu'il va publier une première chanson en langage kurde. Il est tellement menacé que, lors d'un concert en France, à l'instar de Quilapayun 25 ans plus tôt, il décide de s'y exiler et de ne plus voir la patrie dont il a pourtant écrit la bande originale. La violence d'une telle vie lui sera fatale, puisqu'il mourra en exil un an plus tard, en 2000, d'une crise cardiaque à l'âge de 43 ans. Cette fameuse chanson, c'est Karwan (la Caravane) que nous écoutons maintenant, justement une chanson d'exil et de tristesse, loin de sa famille... Un autre qui devra s'exiler sera Tiken Jah Fakoly, de Côte d'Ivoire, au Mali pendant 5 ans, entre 2002 et 2007, pour avoir refusé la rhétorique raciste d'Ivoirité utilisée par son gouvernement, qu'il dénonce ici dans Quitte Le Pouvoir.

Ne croyons pas que la censure ne concerne que les "dictatures officielles" des pays du sud. En occident par exemple, il ne fait pas bon critiquer la police, sa violence et son racisme... Fuck Tha Police, de NWA en 1988, a ainsi très peu été joué à la radio aux USA et en Australie. Le groupe français La Rumeur, auteur de plusieurs textes, dont cette chanson Je Connais Tes Cauchemars, sur la violence policière en France, a été harcelé par Sarkozy pendant un procès qui a duré 8 ans, entre 2002 et 2010. En France toujours, un groupe comme ZEP qui ose chanter Nique la France, a vu ses concerts annulés par des maires et son chanteur Saidou poursuivi pour racisme. Un premier procès a été gagné, mais un deuxième est toujours en cours...

Parfois les chansons d'un artiste ne sont pas responsables de son sort, mais elles expriment sa destinée. Il en est ainsi de nombreux chanteurs palestiniens en exil depuis la Nakba de 1948, et qui développent une chanson d'exil, une chanson des camps de réfugiés tel que ce Bienvenue dans les Camps du groupe palestinien du Liban, les Katibe 5, ou ce besoin de Pause dans un quotidien parfois difficile, chantée par Rafeef Ziadah, Palestinienne exilée en Angleterre (désolé c'est encore une fois la seule artiste femme de la sélection)...

On le voit, le rap est le nouveau mode d'expression des chanteurs protestataires, et il continue de leur jouer des tours, ainsi ce Rayes Le Bled (Chef de l'Etat), du Tunisien El General qui a précédé de peu la chute du président à laquelle il aspirait, mais qui lui a valu quelques séjours en prison. Un peu plus tard au Maroc, un chanteur comme Lhaqed (l'enragé), goutera aussi à la prison pour avoir critiqué le roi et appelé les Marocains à la révolte (Marocains réveillez-vous) lors de protestations qui n'ont malheureusement pas abouti mais qui ont permi à une opposition de se structurer...

Enfin, comment ne pas terminer sur cette chanson symbole de la version syrienne du printemps arabe, Yalla Irhal Ya Bachar, entonée ici dans une manifestation de rue à Hama en juin 2011, et dont l'auteur, le poète Ibrahim Qashoush, sera retrouvé assassiné le mois suivant, dans une rivière avec les cordes vocales arrachées...


10 juillet 2017, avec Mostafah : le fichier mp3 CKUT 07 17

ARABIC FUNK

Arabic Funk, Pop-Funk, Jazz-Funk and Disco-Funk from the 1970s and the 1980s

01) Abadane (Never) - Hourya (Freedom) - Algérie (1970)
02) Al Zman Saib (Difficult Times) - Fadoul - Maroc (1971)
03) Sid Redad - Fadoul - Maroc (1975)
04) Nisyan (Forgetfulness) - Ahmed Fakroun - Libye (1977)
05) Do You Love Me - Bandale Family - Liban (1978)
06) Egypt Strut - Salah Ragab - Egypte (1973)
07) Les Vacances De L'Inspecteur Tahar (Inspector Tahar's Holiday) - Ahmed Malek - Algérie (1973)
08) Le Silence des Cendres (The Silence of the Dead) - Ahmed Malek - Algérie (1976)
09) Abu Ali - Ziad Rahbani - Liban (1978)
10) Shish Kebab (Disco Belly Dance) - Ihsan Al Munzer - Liban (1980)
11) Sah (Good) - Al Massrieen (The Egyptians) - Egypte (1980)
12) Mafatshe Leh (Don't Look for Him) - Al Massrieen (The Egyptians) - Egypte (1980)
13) El Disco - Khamis Henkesh - Egypte (1983)
14) Sahranin (Night Owls) - Ahmed Fakroun - Libye (1983)
15) Track 1 - Ibrahim El Hassan - Soudan (1984)
16) Sala Min Shaaraha A-Thahab (Gold Streamed Down from Her Hair) - Salah Ben Al Badiya - Soudan (1970s)
17) Laylat Wadaa (Farewell Night) - Zedan Ibrahim - Soudan (1970s) 
18) Helwa Eyounik (Your Eyes are Beautiful) - Abu Araki Al Bekhet - Soudan (1970s)
19) Lela - Hakim et James Brown - Egypte et USA (2004)


01) Abadane (Never) - Hourya (Freedom) - Algérie (1970)

Abadane (Never) by the band Hourya (Freedom) in 1970, with Mahfoud Benkaci on Drums, Dahmane Mesbahi on Bass Guitar and Vocals, and the brothers Hocine and Saad Kezim on Guitars and Vocal. They play a folk music reminiscent of the 60s flower power reaching the shores of Algiers, the name "Freedom" is also appropriate for the time.

Hourya was recently rediscovered by one of these western record companies led by western "world" music lovers, collectors and somewhat entrepreneurs, that love to dig into rare 45s in non-western countries, and republish them in nice CD packages. You may for example remember the Ethiopiques collection by the French collector Francis Falceto. This one is from Sublime Frequencies, by the American collector Alan Bishop.

Another one is Habibi Funk, by the German collector Jannis Stürtz, who recently discovered the Morrocan singer Fadoul who specialised in the early 1970s in making arabic covers of western songs.

At the time of the band Hourya in Algeria, there was a band in the UK called "Free", with a tune "All Right Now" that became famous in 1970. Fadoul gives it an arabic title (Al Zman Saib, or Difficult Times, so not so "all right now") and lyrics the following year. Following, a funk anthem, with Fadoul covering the Godfather of Soul himself, with "Papa's got a brand new bag", or rather "Sid Redad", 10 years after its original version.

02) Al Zman Saib (Difficult Times) - Fadoul - Maroc (1971)
03) Sid Redad - Fadoul - Maroc (1975)

Let's switch now to Ahmed Fakroun, from Libya, who didnt need to be "rediscovered" as he had a real career on his own with hits through the 1970s and 1980s, in the UK, Italy, France etc. This song, Nisyan (Forgetfulness), is the first real original arabic funk of this selection, a 1977 gem that may be my favourite of the whole selection today:

04) Nisyan (Forgetfulness) - Ahmed Fakroun - Libye (1977)

Another gem, especially if you get to see the video on Youtube: this is the Bandale family. Its most famous member today is probably Remi, born in 1979 and who has become a star when she was 6 years old, singing Atouna Toufouli (give me back my childhood) during the Lebanon civil war, and making Lebanon cry throughout. But Remi is the daughter of René, and all her aunts and uncles sang and played music. Do You Love Me, a 1978 song, was a fun pop song with a little arabic tinge to it, played by the whole family and sung by René:

05) Do You Love Me - Bandale Family - Liban (1978)

Let's switch to a section devoted to instrumental music, and let's start with the great Egyptian composer, Salah Ragab who, in 1968, founded the first arabic jazz big band in Egypt (The Cairo Jazz Band, with the best musicians from the Egyptian Army Big Band!). He mixes jazzy keyboard and brass, with the traditional egyptian flute, the Ney in this Egypt Strut from 1973:

06) Egypt Strut - Salah Ragab - Egypte (1973)

At the same time, in Algeria, an incredible composer, Ahmed Malek, puts his talent and his knowledge of jazz as well as of arabic music, and even electronic music, to write very original soundtracks for movies, such as this one for Les Vacances De L'Inspecteur Tahar (Inspector Tahar's Holiday), an Algerian thriller movie directed by Moussa Haddad that you can watch on Youtube, but in arabic...

Following, we will hear another music soundtrack by Ahmed Malek, this time from the movie Le Silence des Cendres (The Silence of the Dead), first a book written by the famous Algerian writer and resistant Kaddour M'Hamsadji, then adapted by the writer himself for Algerian television, and directed by Youcef Abderrahmane Sahraoui. We can start to hear the typical music arrangement from the late 1970s with the disco drums and heavy use of strings...

Ahmed Malek and Salah Ragab composed through the 1980s, and they both died in 2008. Ahmed Malek is another musician that benefits from reeditions on the Habibi Funk label.

07) Les Vacances De L'Inspecteur Tahar (Inspector Tahar's Holiday) - Ahmed Malek - Algérie (1973)
08) Le Silence des Cendres (The Silence of the Dead) - Ahmed Malek - Algérie (1976)

Now, a masterpiece, and another royal lebanese family: Ziad Rahbani, the son of composer Assy Rahbani and the immense Lebanese singer Fairuz. Ziad has played music all his life, including for his mother, but also political plays and soundtracks for movies. Musically, he has mastered many different styles, from classical music, to classical arabic music. This album is maybe not the most typical of his work, but it's one of my favourite ever. Abu Ali is a real arabic version of disco-funk, with jazzy influences. I see it as being the arabic version of a Starsky and Hutch soundtrack!

09) Abu Ali - Ziad Rahbani - Liban (1978)

Another lebanese mixing arabic music with disco is Ihsan Al Munzer with his "Disco Belly Dance" style he came up with. He played with the western orientalist clichés in several albums in the late 1970s through the mid eighties, for example with this tune Shish Kebab:

10) Shish Kebab (Disco Belly Dance) - Ihsan Al Munzer - Liban (1980)

Back to music with lyrics, slowly leaving the funk years of the 1970s, and switching into the dico-pop era of the 1980s.

Egypt is following the trend, with the band Al Massrieen (The Egyptians), led by Hany Shenoda, another discovery from Habibi Funk, and two songs here, Sah, and Mafatshe Leh:

11) Sah (Good) - Al Massrieen (The Egyptians) - Egypte (1980)
12) Mafatshe Leh (Don't Look for Him) - Al Massrieen (The Egyptians) - Egypte (1980)

More Egyptian Disco with Khamis Henkesh who adds to it the sophisticated percussions that he was a master of:

13) El Disco - Khamis Henkesh - Egypte (1983)

Back to Ahmed Fakroun of whom we heard a funky tune from 1977. Here, in 1983, he adapted to the new funky-dicso sound with this other gem, called Soleil Soleil in France, but Sahranin in its original version. In France this was a great hit with several remixes and a videoclip produced by the famous Jean Baptiste Mondino:

14) Sahranin (Night Owls) - Ahmed Fakroun - Libye (1983)

Let's end this show with a section on Sudanese music that Mostafah is a fan of, and that he will talk to us about. Gems from Sudan were uncovered by the aforementionned Habibi Funk label (Ibrahim El Hassan), but also by the label ShellacHead, led by american aficionado David Murray, often found on 45s or tapes, and sometimes with not much information on the dates, artists or titles.

Sudan and Ethiopia had a symmetrical musical history: while Ethiopia benefitted from a relative musical freedom at the end of the reign of Emperor Haile Selassie, from 1969 to 1974, before he was deposed by the Communist coup led by Mengistu Haile Mariam. In Sudan, it is the Communist coup of Gaafar Muhammad Nimeiri that allowed two decades of musical freedom between 1969 and 1989, until another coup put Omar al-Bashir in power, replacing communism by islamism and restricting artistic freedom.

15) Track 1 - Ibrahim El Hassan - Soudan (1984)
16) Sala Min Shaaraha A-Thahab (Gold Streamed Down from Her Hair) - Salah Ben Al Badiya - Soudan (1970s)
17) Laylat Wadaa (Farewell Night) - Zedan Ibrahim - Soudan (1970s)
18) Helwa Eyounik (Your Eyes are Beautiful) - Abu Araki Al Bekhet - Soudan (1970s)

The last song will be a preview from a possible future WSTB show featuring more recent arabic funk or arab fusion with music from the rest of the world, here a duet between the Egyptian star Hakim and the Godfather of Soul himeself, James Brown in 2004.

19) Lela - Hakim et James Brown - Egypte et USA (2004)

A few links:

Do You Love Me - Bandale Family - Liban (1978)
https://www.youtube.com/watch?v=6ehI-zhwjHk

Les Vacances De L'Inspecteur Tahar, by Moussa Haddad (1973)
https://www.youtube.com/watch?v=aKN6zFPEVFo

Sahranin - Ahmed Fakroun - Libye (1983)
https://www.youtube.com/watch?v=3M1XKkwtlGc

World Skip The Beat, Stefan et Dror, August 2007
http://www.drorlist.com/textes/radio.html#ARAA

The Lost 45s of Sudan, Shellac Head (2015)
https://shellachead.bandcamp.com/album/the-lost-45s-of-sudan-shellachead-annual-2015

Lela - Hakim et James Brown - Egypte et USA (2004)
https://www.youtube.com/watch?v=opFtjoLmwWA

 

AUTRES

FAITES D'LA PLACE sur CIBL, 21h30-22h, en français :

23 Mai 2007, interview de Matthieu avec la Banda de Gaza sur le concert de Tadamon : le fichier mp3 CIBL 05 07

EN PROFONDEUR sur CKUT, 17h50-18h, en français :

4 Juin 2007, interview sur le boycott d'Indigo : le fichier mp3 CKUT 06 07

THE TUESDAY MORNING AFTER sur CKUT, 8h30-8h45, en anglais :

5 Juin 2007, interview sur la semaine de Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l'apartheid israélien: le fichier mp3 CKUT 06 07-2

UNDER THE OLIVE TREE sur CKUT, 11h-11h30, en anglais :

9 Aout 2007, interview de Tania avec Sawsan, Freda, Houda et Stefan sur le boycott d'Indigo : le fichier mp3 CKUT 08 07-2

LE LENDEMAIN DE LA VEILLE sur CKUT, 8h45-9h, en français :

29 Novembre 2007, interview de Sophie avec Mary-Ellen, sur le festival Regards Palestiniens : le fichier mp3 CKUT 11 07

CULTURE IN FRANCE sur RFI, en anglais :

16 Août 2009, interview de Christine Pizziol-Grière sur Sandra Nkaké au festival Paris Quartier d'Eté: le fichier mp3 RFI 08 09

LES OREILLES LOIN DU FRONT sur FPP, 19h-20h30, en français :

3 Avril 2013, interview de Dror à propos du Forum Social Mondial 2013 à Tunis et de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État israélien). Musique : The Emperor’s Clothes, Invincible, Emergence (2009) et Al Shaab Yourid (Le Peuple Veut), Chedly Taghouti, Songs Of Tunisian Revolution (2011). Le fichier mp3 FPP 04 13.

SORTIR DU COLONIALISME sur Radio Libertaire, 16h-17h30, en français :

20 septembre 2013, interview de Imen et Dror à propos de la Campagne BDS France. Le fichier mp3 La Campagne BDS France 09 13.

UNDER THE OLIVE TREE sur CKUT, 11h-12h, en anglais :

11 novembre 2013, interview de Sawssan sur la Campagne BDS France : le fichier mp3 CKUT 11 13

24 juillet 2014, interviews de Dror, Doug, Annie, Sabine et HK à l'occasion des manifestations du 19 juillet, à Montréal et à Paris : le fichier mp3 CKUT 24 07 14

EN PROFONDEUR sur CKUT, 17h-18h, en français :

28 juillet 2014, discours à la manifestation du 23 juillet : le fichier mp3 CKUT 23 07 14

FREE CITY RADIO, en anglais :

22 juillet 2016, souvenirs du dessinateur révolutionnaire Siné : le fichier mp3 Free City Radio 22 07 16

EN PROFONDEUR sur CKUT, 17h-18h, en français :

1er août 2016, débat sur le FSM avec Samuel et Sylvain : le fichier mp3 CKUT 01 08 16

UNDER THE OLIVE TREE sur CKUT, 11h-12h, en anglais :

11 août 2016, interviews de Dror, Dan et Sabine à l'occasion du FSM à Montréal : le fichier mp3 CKUT 11 08 16

18 août 2016 (extrait), discours de Imen, Chadi et Dror à l'occasion du FSM à Montréal et de la manifestation du 12 juillet : le fichier mp3 CKUT 18 08 16